Nous sommes le 23 Novembre, et mon compteur affiche un pitoyable 29 000 mots. Plusieurs jours que je procrastine, que je préfère trouver des excuses plutôt que d’écrire – trop fatiguée, rentrée trop tard, mon coloc a besoin de papoter. Et avec Thanksgiving qui approche, les excuses ne vont pas manquer. Pourtant, hors de question que je ne boucle pas ce premier Nano !
Mon défi ? Atteindre les 40 000 mots avant demain soir. Je commence dans 25 minutes, soit 18h ici à New York et minuit en France, et je mettrai cet article à jour régulièrement pour me motiver. J’utiliserai le tag #10k24 sur Twitter.
Si vous aussi vous décidez de vous botter les fesses pour rattraper votre retard, faites-moi signe qu’on se motive ensemble !

MERCREDI 23/11
18:32 Un petit verre de riesling et quelques Ferrero plus loin, je n’ai pas beaucoup avancé, mais les Moussaillons du Co-Lecteurs m’ont encouragée, et je suis chargée à bloc !
(par contre, je crois que le site du NaNoWriMo est down)
18:48 1055 MOTS ! Aller, une petite pause cigarette et on s’y recolle.
Le capitaine allait remplir le verre de Lou lorsqu’il remarqua qu’il était encore plein.
— Vous ne faites pas honneur à nos liqueurs ! s’exclama-t-il.
— Veuillez me pardonner, mais je crois avoir déjà bien assez bu ce soir.
— Assez est la limite des petits, encore est l’infini des grands.
Elle esquissa un sourire et se pencha vers lui.
— Et vous, capitaine, faites-vous partie des grands ?
19:27 Bon, je traîne des pieds. Un petit coup de Write or Die devrait faire l’affaire.
20:02 2053 MOTS ! Comme quoi, ça marche ! Bon, maintenant, time to eat.
Des draps brillants de satin mordorés recouvraient le grand lit qui trônait au milieu de la pièce, dont les murs étaient habillés de miroirs de toutes tailles et de toutes formes. Certains étaient posés sur le sol, d’autres accrochés avec des clous, d’autres enfin avaient été empilés dans un coin de la pièce, peut-être par manque de temps pour les disposer correctement. Les multiples reflets de son visage et de celui du capitaine lui donnèrent l’impression d’être avalée par une spirale infinie.
20:21 J’ai laissé mes nouilles chinoises trop longtemps sur le feu. Elles avaient un petit goût caramélisé pas désagréable. Aller, encore mille mots et je vais me coucher comme une grand-mère. On n’est pas des bêtes.
20:47 Bon à savoir – je peux écrire 600 mots en un quart d’heure sans que ce ne soit du grand n’importe quoi. Bon, sans que ce ne soit du Grand Art non plus. À retenir pour les grands jours de flemme.
21:18 3284 MOTS ! Contente. Je pensais aller me coucher, mais une amie doit passer à 23 heures, donc autant continuer à écrire un peu.
Un frisson parcourut son corps lorsqu’elle sentit le bras du capitaine s’enrouler autour d’elle. Un jour, elle couperait ce bras et tous les bras qui avaient frappé sa famille. Elle se jura de ne jamais oublier ceux qu’elle haïssait, et finit enfin par s’endormir, les sourcils froncés.
21:45 En fait, non, je suis trop crevée pour écrire. Je vais finir de regarder Kaboom en attendant mon amie.
JEUDI 24/11
08:40 Je me suis endormie comme une loque devant Kaboom. Heureusement, mon amie n’est finalement pas passée, car elle aurait trouvé la porte fermée. Par contre, je viens d’apprendre que je dois quitter mon appartement à 16 heures, autant dire qu’il va falloir mettre le turbo si je veux atteindre ces 10 000 mots !
10:16 4225 MOTS ! Pas mal glandé ce matin, mais la première session d’écriture s’est révélée plutôt efficace. Une bonne course-poursuite, rien de tel pour écrire au kilomètre !
Soudain, il butta contre quelque chose de dur, et releva la tête. Un officier de l’Ordre.
— Qu’est-ce que…? commença l’homme.
Will lui donna un coup de coude dans le tibia et se releva d’un coup. Il courut aussi vite qu’il le put, et entendit bientôt les pas du garde qui le poursuivait. Il espéra que l’homme n’avait pas remarqué la présence de Jacob, et que celui-ci pourrait rejoindre le point de rendez-vous sans encombre, mais n’eut pas le temps de réfléchir plus avant. Le souffle saccadé, il ne savait même plus dans quel sens il se dirigeait. Peut-être faisait-il même marche arrière. Une seule pensée l’obsédait : semer ce garde qui l’étriperait s’il le rattrapait. Il sauta au-dessus d’une rigole, contourna un bâtiment, et escalada une échelle rouillée qui y pendait, jusqu’à atteindre le toit.
11:03 5031 MOTS ! Je suis donc à la moitié de mon objectif ! Go, go, go !
11:56 Je viens de me faire un plan machiavélique. En 7 séances 20 minutes de Write or Die, je peux rattraper mon retard. Pour l’instant, je vais manger, et on s’y recolle après. Il faut que j’ai terminé pour 15 heures, histoire d’avoir le temps de cuisiner pour Thanksgiving.
12:32 6429 MOTS ! Sur la bonne voie, mais il me reste si peu de temps que je commence à douter de m’en sortir…
13:35 7565 MOTS ! Ah, je n’en reviens pas ! Je crois que je n’ai jamais autant écrit en si peu de temps.
14:16 8278 MOTS ! Petite pause pour aller m’acheter des clopes.
15:14 Bon, la pause a été plus longue que prévue. J’ai une heure pour :
- Écrire 1700 mots
- Cuisiner mon plat de Christmas Carrots
- Mettre le bouteilles de vin au frais
- Me doucher, maquiller, habiller
- Poster un petit article sur Anthilemoon
Qui a dit que c’était impossible ?
15:39 9000 MOTS ! Je me suis fait un masque pendant cette dernière session de Write or Die – ou comment être multi-tâches. Maintenant, douche, maquillage, toussa. Je referai une session avant de commencer à cuisiner. I can do it!
16:47 J’ai 3/4 d’heure de retard, mais les carottes sont cuites, le vin est frais, je suis pomponnée, bien habillée, tout ça, j’ai de nouvelles chaussures, et je ne serai pas si en retard que ça. Si j’avais vraiment eu 24 heures, peut-être que j’aurais atteint les 10 000 mots, mais je suis tout de même très contente – et certaine de boucler mon Nano !
See you, et merci pour vos encouragements!