Vous savez, lorsque vous écrivez un roman, et que vous êtes incapable de savoir à quel point de l’histoire vous vous situez ? Je suis dans cette situation. Si j’en crois mon plan, j’approche de la fin à grand pas. Mais rien dans mon écriture ne me fait ressentir cette vitesse que prennent les mots quand tout se précipite. Mon personnage principal doit plonger dans la folie, mais je la trouve trop rationnelle. Tout doit s’écrouler, mais je n’arrive pas à détruire les derniers piliers.
Je me dis qu’il sera temps de donner des coups de marteau un peu partout lors de la phase de correction, et je continue d’écrire, pour respecter mon petite promesse de finir le premier jet avant dimanche prochain.
J’ai réalisé aujourd’hui que ce roman reprenait beaucoup des thèmes que contenaient ma première tentative d’histoire longue, lorsque j’avais une quinzaine d’années : l’amour inconditionnel d’une soeur pour son frère, la figure de la mère absente, la folie, l’art, et la frontière mouvante entre le rêve et la réalité.
Un jour, je comprendrai peut-être pourquoi ces thèmes m’obsèdent autant. J’aime mon petit frère, et je n’imagine pas le perdre, mais je ne pense pas sombrer comme mes héroïnes s’il disparaissait. Ma mère est aimante, un peu trop d’ailleurs, presque étouffante, mais ça ne me dérange pas. J’aime l’art, les créations excentriques qui ouvrent une fenêtre sur l’âme, mais je n’ai rien d’une artiste. Je ne sais pas pourquoi ces thèmes transparaissent en filigrane dans la plupart de mes textes.
Sur ces petites réflexions psychologiques, je m’en vais de ce pas me préparer pour une nabe-party chez une amie japonaise !
Bonne journée à tous !

